Une fois la soupe de noodle digeree (...), le plan A (excursion pres de deux 4000) reste dans les cartons et le plan B nous conduit directement vers la frontiere, pour cause de pedalier (de seb) recalcitrant. Partis pour le faire reparer a Oulangom, on se retrouve finalement avec un 3e plateau tordu, des roulements a billes dans les mains, et un commercant qui ferme boutique en plein milieu de la reparation. Pour eviter une casse irreparrable, on prefere echanger les velos, alleger la charge du velo de Seb, et en appeler a Soeur Anne (!) pour aller jusqu'en Russie. Mais bon 250 km de route principale, ca devrait etre de la rigolade. On a encore oublie qu'en Mongolie, une route principale est bien moins praticable que la pire des routes secondaires ailleurs.
Jour 1: 25 km de goudron, on n'en croit meme pas nos yeux...
Le plein, s'il vous plait (1L)
Le plein s'il vous plait (encore vous??)
Comment vider le plein ?!?
Jour 2: encore un peu de goudron et 1000 m de denivele (sur cailloux...) On a la forme, encore, pour un bivouac pres d'un campement de 6 yourtes de la meme famille.
Encore un ovoo (tas de pierre avec des echarpes bleues) au col, apres une montee a la vitesse du troupeau de moutons...
Jour 3: repos des guerriers le matin, orage et gore tex l'apres midi pour un deuxieme col inattendu. Beau de loin, le lac Ureg Nuur s'avere un repaire a moustiques et autres bestioles.
Image d'Epinal (euh non, de Mongolie)
Anne et la remorque a pleine vitesse....
Jour 4: on a rate l'emplacement ideal pour le bivouac a 5 km pres (source pure juste apres notre depart, en echange de notre eau croupie), et on rate le col suivant a 6 km pres. Pas un vehicule de la journee sur notre route defoncee, on ne croisera une voiture et 2 motos qu'en fin d'apres midi.
Jour 5: apres le col, longue descente de solitude vers un desert de caillou (et une baignade inesperee dans LA riviere) terminee par un reveil a 21h30 (ca fait 15 min qu'on dort) par un motard et sa femme qui viennent nous dire bonjour.
Laves, seches, plies, repasses...
Jour 6: toujours ce desert de cailloux, et au milieu Bormoron, unique village depuis Oulangom qui se meure mais ou le dispensaire nous sert de salon, accueillis par nos hotes (peintres de ce dispensaire vide???). A defaut de nous trouver un magasin ouvert, ils nous vendent des beignets qui feront nos deux repas suivants.
Qui veut dormir ici???
Jour 7: Apres une journee comme hier qui se termine tard (21h00), dur de se lever mais la montee en pays kazakh (l'aimag de Bayan Olgii est fortement peuple de Kazakhs) nous reserve un accueil tres chaleureux alors que nos jambes commencent a faiblir. Peu a peu, le russe remplace le mongol (a defaut de parler kazakh), et Tsaganur, qu'on imaginait etre une ville frontiere animee, se releve un petit village isole a l'unique guanz (cantine, plat unique: crepe de mouton) et unique magasin ou on peut quand meme se reapprovisionner.
Ca tape comme supermarche!!!....
... non?? Tout en vrac, c'est Anne qui est contente!
Test d'aptitude pour le BAFA passe avec succes!!!
Jour 8: Dernier jour entier en Mongolie et dernier bivouac a la Mongol, pres d'une yourte kazakhe.
On en profite jusqu'au bout...
Jour 9: On ne sortira pas de Mongolie sans un dernier the au lait, bol de lait succulent, petit dejeuner (pain, fromage) et seance photo dans la yourte voisine, beaucoup plus colloree que les yourtes mongoles. On traversera meme la frontiere avec le pain et le fromage offert par nos hotes.
13 h: poste frontiere mongol, heure du repas pour les douaniers, qui nous laissent le temps de gouter une derniere specialite (bouz: raviolis a la viande) avant une derniere montee pour rentrer en Russie et voir, de l'autre cote de la barriere (2484 m), la route goudronnee... ou pas...

Recette pour gros bras: brasser le lait 2 h par jour pdt 4 jour pour obtenir du beurre a tartiner

L'accueil exceptionnel des nomades kazakh, qu'on ne retrouve plus qu'en Mongolie (l'Union sovietique est passee par la ailleurs).